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dimecres, 7 de març de 2012

Les communes de Cerdagne et Capcir se tournent vers la Catalogne Sud


Le 9 février, les élus des hauts cantons étaient à l'Inspection académique pour manifester contre les suppressions de classes dans les écoles. Pour protester, Font-Romeu a décidé, en conseil municipal, le rattachement symbolique à la Catalogne Sud. © Photo H. J.

Début février, le dévoilement de la nouvelle carte scolaire et la suppression de dix postes dans les hauts cantons met le feu à la montagne. Réunion de collectifs divers, attaques au tribunal administratif et pour Font-Romeu, une action éclatante visant à marquer les esprits "Puisque notre propre pays n'écoute pas nos spécificités montagnardes, nous allons nous tourner vers la Catalogne du sud et remettre en cause le Traité des Pyrénées". C'était le début, il y a un mois, d'un mouvement de rattachement à la province voisine, largement médiatisé de l'autre côté de la ratlla (frontière entre la Cerdagne orientale et occidentale).

Révision du Traité des Pyrénées et de Llivia

Les élus des hauts cantons n'ont pas apprécié une énième coupe dans les postes de l'Education nationale en zone montagnarde. De manifestations en délibérations, ils sont vent debout contre les nouvelles suppressions. A Font-Romeu, le maire et son conseil municipal ont cherché la faille pour faire entendre leur voix. Et c'est le Traité des Pyrénées (1659) qui leur a fourni la mèche ou plus exactement le Traité de Llivia, signé un an plus tard en 1660. "Avec Llivia, nous avons des terres en commun. Il doit y avoir erreur, Llivia était certainement sur les terres d'Odeillo, (Font-Romeu n'existait pas) ou peut-être est-ce le contraire. Nous demandons la révision du Traité !".

Font-Romeu a décidé d'adhérer à l'AMI (l'Associació de Municipis per la Independència) initiée par le maire de Vic, Josep Vila d'Abadal i Sera le 14 décembre dernier et qui rassemble de plus en plus de communes des deux côtés de la frontière. Son objectif est de promouvoir l'exercice du droit à l'autodétermination. De fil en aiguille, 34 communes de Cerdagne et Capcir se sont ralliées à la décision romeufontaine et ont adhéré à leur tour à l'AMI ou ont prévu des délibérations dans ce sens aux prochains conseils municipaux. "De notre côté, l'indépendance politique est à ce jour impossible, mais ce que nous voulons, c'est faire de notre zone quelque part insulaire, des deux côtés de la frontière, une seule et unique Cerdagne, avec un statut spécial, à l'instar de la Corse ou des Iles Baléares, explique Jean-Louis Demelin. On a besoin de coopérer entre nous, nous avons des richesses et des forces que l'on utilise séparément, unissons-nous, nous qui sommes trop souvent ignorés de Paris".

Du côté de la Generalitat

La Catalogne Sud a pris très au sérieux le rapprochement des hauts cantons et notamment le président de la Generalitat, Artur Mas. A sa demande, Jean-Louis Demelin est reçu aujourd'hui à midi au Palais de la Generalitat de Catalunya. "En Espagne, l'ANC qui prône l'Indépendance de la Catalogne devient fort. Nous soutenons cette démarche, mais ce que nous voulons avant tout, c'est un rapprochement fraternel et des échanges. C'est ce que je vais dire aujourd'hui au secrétaire du gouvernement Germà Gordo qui me reçoit avec Jordi Vera président de Convergencia Democratica de Catalunya".

Si la bataille de l'indépendance de la Catalogne n'est pas à proprement parler l'affaire des élus cerdans et capcinois, "il faut qu'on se rapproche de la Catalogne qui est notre partenaire le plus proche, bien plus que n'importe quelle région française. J'attends beaucoup de cette rencontre car on peut poser des jalons et commencer à travailler ensemble", précise le maire de Font-Romeu qui tient à marquer sa non-appartenance à un quelconque parti politique.Les idées de coopération transfrontalière ne manqueront pas et fuseront du chapeau romeufontain pour renforcer les liens entre Catalans du Nord et du Sud, exister ou plutôt ré-exister des deux côtés de la frontière

source l'indepedant 07/03/12